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  • jessicaset9

Moka, l'oublié qui ne voulait pas être seul




Il était une fois un jeune prince d'un royaume lointain dont le peuple se dénommait les Oubliés.

Cette communauté avait décidé à l'époque ce Nom car ces membres se sentant incompris par les autres, ils étaient partis se réfugier dans des terres désertiques où personne ne pourrait les juger, déranger et surtout remettre en cause leurs façon d'être, se vivre et s'exprimer. Pour eux, le fait de s'appeler Oubliés avait une signification très forte et simple pour expliquer leur décision de s'isoler des autres humains.

Pourtant, leur petit prince Moka ne voulait pas rester tout le temps dans le désert, il rêvait de voyages, d'aventures, de découvrir d'autres cultures, peuples et rencontrer de nouvelles personnes... C'est pour cela qu'une nuit où tout le monde dormait, il décida de partir sur son ami de toujours un aigle d'argent prénommé Saké.

Ils partirent ainsi vers la liberté tant voulue, rêvée, idéalisée par Moka. ils traversèrent divers paysages et leur périple fut long jusqu'à l'aube où ils sont arrivés sur une première civilisation.

Moka se rappelle son émerveillement devant l'immensité des immeubles, si majestueux que nous ne pouvons voir les toits, des gens habillés de tissus scintillants, des couleurs tellement éblouissantes que Moka n'arrivait pas à les regarder en face et ces êtres avaient des tonsures propres et disciplinées dont Moka ne comprend toujours pas la signification. Moka lui a toujours eu une belle queue sur le haut de sa tête qu'il porte encore fièrement et signe de son appartenance au Oubliés.

D'ailleurs, très vite, Moka fut repéré par les habitants de cette civilisation et il fut amené au Palais centrale car sa tenue, sa façon de se comporter et de se déplacer avaient fini par déranger hautement tout le monde. Moka devait donc s'expliquer sur sa venue et ses intentions.

Il suivit penaud et silencieux sans comprendre tout à fait ce qui se passait par contre des émotions en lien avec sa peur commençaient à s’installer au fond de son ventre, telles des sentiments d'injustice, de trahison ; plus ses ressentis grandissaient en lui, plus il se vivait comme rejeté ou bien abandonné et peut être tout simplement humilié par ce nouveau monde si peu accueillant et même inquiétant dans leur façon de réagir, agir, parler autour de Moka comme s'il n'existait pas, était transparent...

Moka sentit des tremblements dans son corps, des douleurs dans son abdomen qui se propageaient un peu partout en lui, de la chaleur lui montait jusqu'au visage et même, il sentait des gouttes perlées son doux visage d'après sa mère. Il regrettait déjà son voyage et ne pensait qu'à une chose, rentrer auprès des siens, pouvoir leur parler, leur raconter tout et n'importe quoi. C'était la première fois que Moka se sentait si esseulé et voulait disparaître littéralement...

D'un coup, il reconnut au loin le scintillement de la clochette de Saké et il espéra de tout son cœur que celui-ci allait le ramener chez lui, pour cela il se tut pendant que les autres débattaient, palabraient, criaient à son sujet dans le Palais centrale. Il se concentra sur son objectif premier à ce moment T qui était de rentrer auprès des siens pour être libre certes mais parmi les siens. Il serra fort ses poings et d'un coup, il partit en courant à toute vitesse et avant qu'il puisse le rattraper, il sauta sur Saké et s'envola dans les cieux.

Il parcourut rapidement les contrées qui l'éloignait des siens et en arrivant, il regarda autour de lui. C'était le crépuscule, l'heure de manger et se réunir chez les Oubliés, il s'approcha, serra très fort dans ses bras les membres de sa communauté, il rigola avec eux et leur raconta sa tentative échouée de voyage.

Tout le monde le regarda avec attention et à l'unisson, ils lui répondirent « Nous l'avons tous fait avant toi, la prochaine fois, parles nous en, nous pourrons ainsi te conseiller et s'il faut, t'accompagner, ensemble nous sommes plus rassuré pour se dévoiler à l'inconnu. ».

Moka a compris tout de suite le message, le poids dans son cœur disparut tout de suite, sa respiration est revenue à la normale. De là, il se rappelle encore, il s'est levé pour se sentir bouger, danser et finalement libre dans son corps, ses mouvements, sa destinée...

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